Le XXème siècle en photos

Le XXème siècle en photos

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Lewis Hine, Caroline dans une filature de coton, 1909

En 1900, plus d’un million et demi d’enfants de moins de 15 ans sont employés dans les usines. Lewis Hine avait dû travailler à la mort de son père 13 heures par jour pour 4 $ par semaine. Il économise et finit ses études de sociologie à l’université de Chicago. Après avoir enseigné en lycée, il se lance dans la « photographie sociale ». Il s’agit de multiplier les clichés pour montrer aux autorités de la Nouvelle Angleterre que le travail des jeunes enfants existe et est pratiqué de façon courante.

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Lt Henry Bowers, Equipage de Robert Scott au pôle sud, 1912

En janvier 1912, L’équipage du capitaine Robert Scott atteint le pôle sud et comprend par la même occasion que les norvégiens menés par Admunsen les ont précédés. Il ne leur reste plus assez de vivres pour le retour, qui s’annonce dramatique, Les hommes qui composent l’expédition anglaise mourront les uns après les autres. On estime que R. Scott est mort le 29 mars 1912.

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Anonyme, Soldats anglais et allemands posent ensemble devant l’objectif, 26 décembre 1914

Au cours de noël 1914, des scènes de fraternisation se multiplient le long de la ligne de front. Cette photographie a été prise en Belgique, sur le no man’s land. Le caporal John Ferguson témoigne : « We shook hands, wish each other a merry Christmas, and were soon conversing as if we had known each other for years

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Léon Poirier, grenadier français frappé, 1916 / 1928

Cette photo assez belle est une reconstitution. En effet, elle a été prise en 1928 et était destinée à pallier, comme des milliers d’autres, le manque de photographies de combats pendant la guerre de 1914-18. De nombreux livres d’histoire l’utilisent pourtant, la datant de 1916, et l’attribuant même à un photographe allemand.

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Lawrence Butler, Lynchage de T. Shiff et A . Smith, 1930

Le 7 août 1930 à Marion dans l’Indiana, Thomas Shipp et Abram Smith sont lynchés et pendus, accusés d’avoir violé une jeune femme blanche. Des centaines de copies de cette photographie ont été reproduites sous forme de cartes postales et vendues par des militants pour la suprématie blanche. Ce fait divers inspirera en 1937 la chanson « Strange fruit » interprétée par Billie Holiday.

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Anonyme, Staline, Voroshilov, Molotov et Lejov, 1930 puis photo retouchée sans Lejov années 40.

Nikolai Lejov (à droite sur la 1ère photo) devient en 1936 commissaire du peuple aux affaires intérieures, et par là même, à la tête du NKVD, la police politique soviétique. Il va donc jouer un rôle très important dans le répression et les purges de 1937 et 38. Remplacé par Beria à fin 1938, il est arrêté en avril 1939 et fusillé en février 1940.

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Charles C. Ebberts, Lunch atop a Skyscraper, 1932

Cette photo a été prise lors de la construction du GE Building, le principal bâtiment du Rockfeller Center. Nous sommes au 69ème étage d’un immeuble qui en compte 70. C’est l’heure de la pause et les ouvriers travaillent sans aucune protection. Ebberts a pris autant de risques que les ouvriers qu’il photographiait. Malgré la dangerosité des conditions de travail, la construction de ce bâtiment ne connaitra que 5 accidents, pas tous mortels (La construction de la tour Eiffel n’a fait aucune victime).

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Heinrich Hoffmann, Hitler « combatif », 1925

Cette photographie appartient à une série de clichés dans lesquels Hitler s’entraîne à donner une expression dominante à ses discours : « combatif », « ironique », « visionnaire », « impératif » etc … Cette rhétorique gestuelle est sans doute à l’origine de la confiance aveugle que lui a accordée son peuple.

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Dorothea Lange, Migrant mother, 1936

Cette photographie fait partie d’une série de clichés commandés par la FSA, Farm Security Administration. Cette femme de 32 ans attend au bord de la route le dépannage de l’automobile familiale. Elle va longtemps représenter ces paysans itinérants de la Grande dépression réduits à se faire employer eu gré des récoltes de places en places.

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Robert Capa, Mort d’un soldat républicain, 1936

Robert Capa arrive en Espagne quelques semaines après le début de la guerre civile, le 18 juillet 1936. Il se trouve dans la sierra de Cordoue et réalise sa plus célèbre photographie. Le soldat, Federico Borrell, est ici fauché en pleine action (on ne retrouvera son identité que dans les années 1990). On a longtemps évoqué une possible mise en scène de la photographie.

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Alfred Eisenstaedt, Joseph Goebbels à la SDN, 1933

Cette photographie a été prise à Genève, au siège de la SDN. Joseph Goebbels, ministre de la propagande de Hitler offre un masque de haine au photographe, qui est juif.

Le témoignage de Eisenstaedt : Suddenly he spotted me… His expression changed. Here are the eyes of hate. Was I an enemy?” in Second Portrait of Dr. Goebbels, p. 61“Eisenstaedt on Eisenstaedt”, Abberville.

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Leni Riefensthal, Cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de Berlin, 1936

Les jeux olympiques sont une occasion pour Hitler de soigner l’image de l’Allemagne nazie. Les bras tendus à l’occasion de l’hymne national sont évidemment la démonstration de fidélité la plus spectaculaire qui puisse être offerte au régime.

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Anonyme, Auguste Landmesser, 1936

Il était pourtant possible de témoigner de son peu d’enthousiasme à l’égard du nazisme, à condition d’en accepter les conséquences. La photographie a été prise au chantier naval Blohm et Voss à Hambourg à l’occasion de l’inauguration du bateau « Horst Vassel », en présence de Hitler lui-même. Un homme croise obstinément les bras, quand tous les tendent. Cet homme se nomme August Landmesser. Sa femme est juive. En 1937, il sera arrêté avec sa femme par la Gestapo, jugé et condamné pour avoir « déshonoré la race ».

 

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Cartier-Bresson, Pique nique, 1936

En France au printemps 1936, les socialistes et les radicaux arrivent au pouvoir, avec l’appui des communistes : c’est l’épisode du Front Populaire. Des grèves éclatent partout en France. En juin 1936, les accords de Matignon, entre patrons gouvernement et ouvriers, accordent, outre les 40 heures de travail hebdomadaires, 15 jours de congés payés. Cette période peut être considérée comme le dernier moment heureux qu’a connu la France avant la deuxième guerre mondiale.

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Sam Shere, La catastrophe de l’ « Hindenburg », 1937

Le dirigeable « Hindenburg » était la fierté du régime nazi. Ainsi la croix gammée a pu flotter paisiblement dans le ciel newyorkais pendant des années. A l’occasion d’un atterrissage de routine, le dirigeable prend brusquement feu. Tout va alors très vite car le gaz qui emplit le dirigeable est hautement inflammable. Les américains possèdent un gisement d’hélium naturel, un gaz non inflammable qu’ils refusent de vendre à l’Allemagne nazie, laquelle doit se résoudre à utiliser du dihydrogène, un gaz plus léger mais très inflammable.

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Margaret Bourke White, Soupe populaire à Louisville, 1937

Le Kentucky est frappé en 1937 par de terribles inondations qui réduisent une grande partie de la population, noire, à la soupe populaire. Una publicité malheureuse vante la qualité du mode de vie américain avec la petite famille blanche idéale.

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Anonyme, Exposition internationale de Paris, 1938

La dernière exposition internationale avant le déclenchement de la deuxième guerre mondiale. Ici, les pavillons allemand et soviétique se font face, avec la tour Eiffel qui semble jouer un rôle d’arbitre. Une photographie qui parait prémonitoire, quelques mois avant le pacte germano-soviétique qui relèguera les démocraties au rang de spectateurs impuissants.

La statue qui surplombe le pavillon soviétique est « L’ouvrier et la kolkhozienne », aujourd’hui visible à Moscou.

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Robert Capa, La retirada – Arrivée des républicains espagnols au camp d’Argelès, 1939

Les républicains espagnols garderont un souvenir amer de l’accueil qui leur fût réservé par les autorités françaises. Traités comme des malfaiteurs plutôt que comme des héros, beaucoup souffriront de dysenterie, de typhus etc … Certains continueront en Espagne la lutte armée, d’autres encore s’engageront dans la résistance française contre l’Allemagne, mais beaucoup écouteront les autorités franquistes et leurs promesses d’amnistie, des promesses que le nouveau régime ne tiendra pas.

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Weegee, Plage de Coney Island, 1940

Alors que l’Europe est en guerre, la côte est des Etats-Unis connaît une vague de chaleur très intense. La municipalité de New York charge le photographe Weegee d’immortaliser ces moments où les citadins recherchent la fraîcheur à tout prix. Weegee est aussi l’auteur de ces photos où l’on voit des enfants jouant avec des bornes d’incendie, une des multiples et éternelles images de New York.

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Heinrich Hoffmann, La « Blitz Besuch » (visite éclair), 1940

A la grande surprise de Hitler lui-même, la France est vaincue en 6 semaines et doit se résoudre à signer un armistice en juin 1940.

Hitler, tout comme Mussolini ou Franco, a très peu voyagé. Ici, il pose en compagnie d’Otto Abetz, futur ambassadeur d’Allemagne en France et d’Albert Speer, l’architecte du Reich. Il choisit le monument le plus célèbre de Paris, comme le ferait n’importe quel touriste, donnant à la photo un caractère dérisoire alors qu’elle se voulait hautement symbolique.

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Anonyme, L’héroïne de Minsk, 1941

Cette photographie fait partie d’une série de huit clichés réalisés dans les rues de Minsk le 26 octobre 1941. Pendant très longtemps jusqu’en 1996, on ignorera son nom, d’abord par antisémitisme d’Etat à l’époque de Staline, puis par habitude et prudence. Elle s’appelait Masha Bruskina et elle était juive. Elle a été exécutée par des soldats lituaniens qui collaboraient avec les allemands

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Anonyme, Le dernier juif de Vinnitsa, 1941

Cette photographie figurait dans l’album photo d’un membre des Einsatzgruppen, groupes armés qui œuvraient à l’arrière du front, liquidant juifs et partisans, aidés dans cette tache par des renforts locaux. Au revers de la photo était écrite la mention « Dernier juif de Vinnitsa », une ville ukrainienne. Cette dernière avait déjà connu un massacre, perpétré cette fois par le NKVD entre 1937 et 1938, qui fit près de 10 000 victimes.

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Anonyme, camp de Pithiviers, 17 avril 1941

Alain Resnais réalise en 1956 le film « Nuit et brouillard » à la demande du Comité d’Histoire de la deuxième guerre mondiale. Le réalisateur inclut la photographie d’un gendarme français dans le camp de Pithiviers, reconnaissable à son képi. Avant la sortie du film, la commission de classement des films demande le retrait de la photo du montage final. En pleine réconciliation nationale, il était impossible de jeter le discrédit sur la gendarmerie nationale. Resnais refuse de modifier le montage mais on trouve néanmoins un compromis : un coup de pinceau sera donné au képi, le rendant méconnaissable. Le film ne sera pourtant pas sélectionné pour le festival de Cannes.

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Robert Capa, Omaha Beach, 1944

Du débarquement en Normandie en juin 1944, Robert Capa prend 106 clichés qu’il expédie au magazine Life. Une erreur dans le dosage du bain va détruire la quasi-totalité du lot.. Seules 11 ont pu être sauvées, floues pour la plupart.

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Robert Capa, La tondue de Chartres, 18 août 1944

Elle s’appelle Simone Touseau, elle est âgée de 23 ans et porte un bébé dans les bras. Son père la précède, béret sur la tête et balluchon à la main. La famille Touseau est raccompagnée à son domicile par tout un cortège de villageois rigolards et railleurs. La tonte de femmes était une pratique infligée à celles qui étaient accusées de « collaboration sexuelles » avec l’ennemi. Ce supplice était une sanction populaire qui n’avait rien de juridique : ces femmes étaient par ailleurs jugées, condamnées, parfois libérées. On pense que 20 000 femmes à travers la France libérée ont subi cet outrage.

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US Army, Rencontre au sommet à Yalta, Février 1945

Dans une station balnéaire au bord de la mer Noire se réunissent les représentants des trois puissances alliées contre l’Allemagne nazie. De gauche à droite, Churchill, Roosevelt et Staline. Il s’agit de se fixer des règles démocratiques une fois l’Allemagne vaincue et l’Europe libérée. Cette photographie a beaucoup frappé les esprits, on a même parlé de « partage de Yalta », ce qui est très exagéré. De ce point de vue, le Traité de Versailles en 1919 est beaucoup plus un partage de l’Europe que Yalta.

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Joe Rosenthal, Raising the Flag on Iwo Jima, 1945

Joe Rosenthal débarque sur l’îlot volcanique d’Iwo Jima le 23 février 1945, où des combats très meurtriers ont eu lieu pendant près d’un mois. En entamant l’ascension du mont Suribachi, il rencontre le sergent – photographe Lewis Lowery qui vient de prendre des photos d’un groupe de soldats autour du drapeau américain, au bord du cratère. Continuant son ascension, il prend des clichés d’un groupe de marines tentant de planter un drapeau américain plus grand, visible de toute l’île, sur ordre du colonel. La photographie ainsi prise connaîtra un succès immédiat.

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Evgueni Khaldeï, Drapeau soviétique au sommet du Reichstag, 1945

Après avoir vu la photographie d’Iwo Jima, Evgueni Khaldei propose à ses supérieurs de l’agence TASS de prendre en réponse un cliché aussi marquant. Après la prise de Berlin le 30 avril, un soldat de l’armée rouge plante le drapeau soviétique sur Germania, une statue au sommet du Reichstag. Cette photo a été retouchée : outre le ciel qui a été rendu plus menaçant, le soldat qui aide celui qui plante le drapeau porte une montre à chaque poignet, signe évident de pillage. Khaldei est sommé de faire disparaître une des deux montres.

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Eiichi Matsumoto, L’ombre de la guerre, 1945

Le 6 août 1945 explose au dessus d’Hiroshima la première bombe atomique. Le flash a été si intense que l’ombre d’une échelle et d’un soldat a marqué le bois de la baraque, à la manière d’une photographie. Nous sommes à Minami Yamate machi, 4 km de l'hypocentre.

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Alfred Eisenstaedt, VJ kiss in Times Square, 1945

A l’occasion du VJ day (Victory over Japan day, le 2 sept. 1945) qui se déroule à New York, Alfred Eisenstaedt aperçoit un marin allant de fille en fille et les embrassant. Le photographe demande donc au jeune soldat et à une jeune infirmière de prendre la pause.

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Raymond d’Addorio, Le procès de Nuremberg, novembre 1945

Raymond d’Addorio fait partie des 18 photographes accrédités par l’armée américaine pour couvrir le procès de Nuremberg qui s’ouvre le 20 novembre 1945. 24 responsables du Troisième Reich vont être jugés pendant près de 6 mois. 12 d’entre eux seront condamnés à mort et exécutés, 7 condamnés à une peine de prison et enfin 3 ont été acquittés. L’enregistrement cinématographique du procès a été assuré par le réalisateur John Ford.

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Margaret Bourke White, Gandhi et son rouet, 1946

Le rouet de Gandhi est le symbole de l’autosuffisance que l’Inde doit atteindre de façon à se passer de la puissance coloniale, le Royaume Uni. La figure de Gandhi a fasciné de nombreux occidentaux dont Margaret Bourke white.

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Henri Cartier Bresson, Scène de rue à Pékin, 1949

Cartier Bresson se trouve à Pékin quelques jours avant l’arrivée des troupes communistes au terme de la « Longue marche ». Les pékinois se ruent sur tous les établissements en mesure d’échanger de la monnaie contre de l’or. Les chinois craignent que la monnaie en circulation soit considérée par les nouveaux maîtres comme le symbole de l’ancien régime, et donc ne vaille plus rien.

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George Rodger, Victoire d’un lutteur nuba, 1949

Les Noubas (ou nubas) sont un peuple du Soudan. La tradition veut que le vainqueur d’un combat de lutte soit promené par le vaincu, juché sur ses épaules. Cette photo témoigne du nouveau regard porté sur l’Afrique par les occidentaux. L’avant guerre était marqué par le mépris clairement affiché à travers la « Revue nègre » ou l’Exposition Coloniale organisée à Paris en 1931 par exemple. Rodger a aussi photographié pour le compte de l’armée britannique le camp de Bergen Belsen. Son itinéraire est à rapprocher de celui de Leni Riefensthal, accusée après guerre d’avoir magnifié le nazisme et qui a aussi beaucoup photographié les noubas.

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Will Counts, Rentrée des classes à Little Rock, 1957

Don Sturckey, Rentrée des classes à Charlotte, 1957

En 1953, la Cour Suprême des Etats-Unis déclare illégale la ségrégation des élèves. En Arkansas, les élèves noirs sont toujours interdits d’études dans les écoles blanches Dans la première photo, la 4 septembre 1957, Elizabeth Eckford (et 8 camarades noirs) tente d’intégrer l’école blanche. Le gouverneur de l’Arkansas refuse ce qu’il considère comme une intrusion et envoie la garde nationale. Le président des USA Eisenhower tente une négociation qui n’aboutit pas : il décide d’envoyer l’armée. Le gouverneur ne cède pas et décide de fermer les écoles de l’état pendant une année scolaire entière.

Ce même jour, en Caroline du nord, à Charlotte, Dorothy Counts connaît le même sort. Elle s’apprête à intégrer la « Harry Harding Highschool », une école antiségrégationniste, escortée d’un professeur enseignant de cet établissement. C’est couverte de crachats et sous les railleries des autres élèves qu’elle fera sa rentrée.

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Magazine LIFE, Les 7 premiers américains dans l’espace, 1959

Magazine LIFE, Leurs femmes respectives, 1959

Le 4 octobre 1957, Les soviétiques mettent sur orbite le Spoutnik, un satellite de 59 cm de diamètre qui tournera autour de la terre pendant trois mois en émettant un caractéristique bip bip. Cet évènement est un véritable traumatisme pour les américains : un politicien parlera même de « Pearl Harbour technologique ». Les soviétiques montrent indirectement qu’ils peuvent atteindre les Etats-Unis avec un missile désormais. Les américains vont donc se lancer dans l’aventure spatiale. Dix ans séparent les premiers vols des premiers pas sur la lune. Le magazine Life va tenter d’en faire une aventure familiale comme en témoigne les deux couvertures. En France, c’est Paris-Match qui obtiendra l’exclusivité de l’aventure spatiale américaine.

Cet aspect de la guerre froide est relaté à travers l’excellent film de Philip Kaufman, « L’étoffe des héros » (1983).

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Alberto Korda, Che Guevara, 5 mars 1960

Alberto Korda prend cette photographie le 5 mars 1960 à l’occasion des funérailles de l’équipage du bateau La Cumbre. A la tribune se succèdent Fidel Castro, Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Quand arrive le tour de Che Guevara, le photographe se trouve à 8/10 mètres de la tribune et mitraille le leader cubain. La première est la bonne. Pendant des années Korda n’a pas touché de droits d’auteur. Quand Unilever et la Vodka Eristoff utilisent la photographie à des fins commerciales, Korda porte plainte et reverse les indemnités aux services de santé cubains. La fille de Korda se montrera beaucoup plus intraitable, il est vrai que le portrait de Guevara tiré par son père avait fini par apparaître sur des paquets de cigarettes.

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Peter Leibling, La construction du mur de Berlin, 13 août 1961

Peter Leibling arrive à Berlin le 13 août 1961. Il a 20 ans et rejoint la Bernauerstrasse où se sont amassés des centaines de personnes. Un des badauds lui confie qu’un jeune militaire est-allemand s’apprête à rejoindre le secteur français de Berlin, autrement donc à passer à l’ouest. Leibling reste à l’affut jusqu’à ce que le vopo traverse la démarcation séparant la zone est-allemande et la zone française. Ce soldat s’appelle Konrad Schumann. Pendant la matinée, ses supérieurs l’avaient obligé à empêcher une petite fille de rejoindre le reste de sa famille qui était passée à l’ouest.

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John Milli, Le procès d’Adolf Eichmann, Jérusalem, 1961

Responsable nazi de la logistique de la « Solution finale de la question juive », Adolf Eichmann est localisé en Argentine par les services secrets israéliens, enlevé à Buenos Aires le 11 mai 1960 et ramené en Israël pour être jugé. Condamné à mort, il est exécuté le 31 mai 1962. Son procès a été suivi entre autres par Hannah Arendt, « Eichmann à Jérusalem »

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Bob Jackson, Assassinat de Lee Harvey Oswald, novembre 1963

Le matin du 24 novembre 1963, Lee Harvey Oswald, soupçonné de l’assassinat du président Kennedy le 22 novembre, est abattu par un dénommé Jack Ruby dans les sous sols du commissariat de Dallas. Oswald a toujours affirmé qu’il était un bouc émissaire et Jack Ruby, un louche tenancier de boite de nuit, ne donnera jamais d’explication convaincante au sujet de son geste.

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Ladislav Bielik, Printemps de Prague, Bratislava, 21 août 1968

En janvier 1968, Alexandre Dubcek, qui dirige la Tchécoslovaquie, entreprend des réformes politiques proposant la fin du parti unique, l’abolition de la censure et le retour aux libertés individuelles. Evidemment, ces mesures sont immédiatement considérées comme une menace pour la cohésion et l’avenir du bloc communiste. Le 21 août 1968, 200 000 soldats et 5000 chars de l’Armée rouge et du Pacte de Varsovie, envahissent la Tchécoslovaquie. Le 21 août 1968 une douzaine de chars encerclent à Bratislava. L’homme qui fait face ici à un tank en exposant sa poitrine comme une cible s’appelle Emil Gallo. Longtemps cette photographie a été attribuée à photographe allemand, qui s’est contenté de passer les clichés à l’ouest.

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Eddie Edams, Exécution à Saïgon, 1969

En 1968, les vietnamiens lancent à la veille de la fête du Têt une très vaste offensive dont l’ampleur surprend tous les observateurs. Eddie Adams, photographe à l’Associated Press, va couvrir cette période. A Saïgon, Adams voit deux soldats vietnamiens sortir d’un bâtiment en tirant un prisonnier viêtcong les mains liées dans le dos, qui se dirigent vers lui. Après quelques propos échangés, un des policiers se munit d’un pistolet et tire dans la tempe du prisonnier, juste au moment où le photographe prend le cliché. La photographie sera reprise par les manifestants pacifistes pour montrer quel genre d’allié les américains avaient sur le terrain.

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Nick Ut, Petite fille de Trang Bang, Vietnam, 1972

Le 8 juin 1972, le village vietnamien de Trang Bang est victime d’un raid aérien. Pour échapper aux bombardements, Kim Phuc âgée de 9 ans se réfugie dans une pagode bouddhiste où s’étaient cachés deux soldats nord-vietnamiens. Kim Phuc sort du temple en flammes. Nick Ut de l’agence Associated Press, voit des enfants qui fuient le bombardement, parmi eux, Kim Phuc, nue, la peau enflammée par le napalm, courant sur la route en hurlant de peur et de douleur.

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Ian Bradshaw, The Twickenham streaker, 1974

Le streaking est apparu aux Etats-Unis pendant les années 70. Il consiste à troubler un évènement public en apparaissant nu pour choquer ou amuser. Le 20 avril 1974, à l’occasion du match de rugby Angleterre-France au stade de Twickenham. Mickael O’Brian avait parié (et gagné) 10 £, somme que le juge lui réclamera pour le punir de son geste. Publiée dans le journal londonien Sunday Mirror, reprise en double page par Paris Match, la photographie fait sourire : le képi du policier cachant opportunément le sexe de l’homme, l’air goguenard du responsable apportant un manteau, O’Brian qui semble expliquer au policier son geste etc …

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Anonyme, Aldo Moro otage, 1978

Le 16 mars 1978, Aldo Moro, président de la démocratie chrétienne italienne, est enlevé à la suite d’une embuscade qui coûte la vie à son chauffeur, son garde du corps et 5 policiers d’escorte. Séquestré 55 jours, il est retrouvé mort dans le coffre d’une voiture le 9 mai, dans un parking du centre de Rome. Cette photographie a été publiée dans le journal italien Il corriere de la Serra le 21 mars 1978 et pose la question de savoir s’il faut diffuser les messages et documents des terroristes.

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Jahangir Razmi, Exécution de rebelles kurdes, 1979

En janvier 1979, le Shah quitte le pays ne parvenant pas à contrôler les révoltes de l’opposition qui se déroulent déjà depuis de longs mois. Le 11 février, Ruhollah Khomeiny met fin à la monarchie et proclame la République islamique d’Iran. Réalisée le 27 août 1969, la photographie montre l’exécution de rebelles kurdes à l’aéroport de Sanandaj. Les Kurdes, sunnites, revendiquent l’indépendance du Kurdistan et s’opposent aux chiites majoritaires. L’auteur de la photographie est longtemps resté anonyme par crainte des représailles. C’est la première fois que le prix Pulitzer a été décerné à un photographe resté anonyme.

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Steve McCurry, Sharbat Gula jeune fille afghane, 1984

Une des plus célèbre photographie de Steve McCurry, photographe de la couleur. Ce portrait d’une jeune réfugiée afghane de 13 ans dans un camp au Pakistan a fait la couverture du National Geographic et par la suite le tour du monde.

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Franck Fournier, Omayra Sanchez, Armero, Colombie, 1985

Kevin Carter, Vautour guettant une petite fille en train de mourir de faim, Soudan, 1993

Le samedi 16 novembre 1985, le volcan Nevado del Ruiz entre en activité. La coulée de boue déclenchée par l’irruption du volcan tue 24000 personnes. La jeune Omayra Sanchez se trouve prisonnière des nombreux débris emportés par la boue. Pendant deux jours et trois nuits, les sauveteurs vont tenter de la dégager. Epuisée, Omayra succombe à un malaise cardiaque le 18 novembre. Le reportage de Franck Fournier a suscité à l’époque beaucoup d’hostilité, accusé de voyeurisme.

Le photographe sud-africain Kevin Carter couvre la guerre civile au Soudan. Il se rend au village d’Ayod et y observe la population affamée et malade. Il prend la photographie d’une enfant qui se traine péniblement vers un point d’approvisionnement. Le 26 mars 1993, la photo est publiée dans le New York Times afin de sensibiliser l’opinion sur le drame soudanais. Très rapidement, ce sont des milliers de lettres de lecteurs qui sont adressées au rédacteur en chef. On accuse le photographe Kevin Carter de préférer faire une photo lui apportant la notoriété (prix Pulitzer en avril 1994) plutôt que d’aider la petite fille.

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Jeff Widener, L'Homme de Tian'anmen, 1989

Marc Riboud, La jeune fille à la fleur, Washington, 1967

« L’Homme de Tian’anmen », ou l’« Homme au tank » ou encore « Le Rebelle inconnu », les surnoms ne manquent pas pour évoquer cette photographie que le monde entier connaît (sauf la Chine officiellement). Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, des affrontements violents opposent l’Armé Populaire de Libération et les étudiants. Pendant ces évènements, les journalistes étrangers sont consignés dans leurs hôtels. A l’hôtel Beijing (à 800 mètres de la Place Tian’anmen) sont présents Charlie Cole (Newsweek), Stuart Franklin (Agence Magnum), Jeff Widener (Associated Press) ainsi que deux équipes TV (CNN et BBC). Sur le balcon, alors que les autorités chinoises avaient cherché à éloigner l’opinion publique internationale, ces photographes vont prendre des images parmi les plus célèbres du XXème siècle.

Cette photographie, qui repose sur la disproportion des forces en présence peut être mise en relation avec celle de Marc Riboud prise lors d'une manifestation pacifiste devant le Pentagone en 1967.

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Paul Watson, The black hawk down, Mogadiscio, Somalie, 1993

En 1993, Paul Watson, photographe du journal canadien Toronto Star est en Somalie. Le pays est en pleine guerre civile, 300000 personnes meurent de faim. La communauté internationale décide d’intervenir, les USA en tête. Le 3 octobre 1993, deux hélicoptères Black Hawk sont abattus et 18 soldats américains sont tués. En se rendant sur les lieux, Watson voit une foule tirant par une corde le corps d’un soldat américain mutilé et nu. Les américains seront très sensibles à ces photographies humiliantes, réclamant le retour de ses soldats.

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Anonyme, Abou Ghraïb, Irak, 2003

Le 28 avril 2004, la chaîne de télévision américaine CBS diffuse six photographies de prisonniers irakiens torturés et humiliés dans la prison d’Abou Ghraïb. En un mois, ce sont près de 30 photographies qui sont diffusées et qui en quelques semaines font le tour du monde. Le scandale est immédiat. Les soldats responsables de ces humiliations seront lourdement condamnés. Au-delà de la question de l’usage de la torture en période de guerre par un état de droit, la diffusion de ces photographies est problématique aussi : on peut considérer que leur diffusion perpétue l’humiliation.